Les Invasions du Nord
Récit des Invasions du Nord, où la Bataille d'une Nuit et son lendemain;
6ieme jour du cycle décroissant de la Lune, juin 1006,
À l'heure où j'écris ces lignes, nous sommes toujours en train de repousser nombre barbares hors des murs de la cité; bien qu'ils aient frappés prestement et avec force, nous avons repoussé les attaques sans trop de pertes, même si nous en aurons pour plusieurs lunes à nettoyer les rues, reconstruire les tours de la forteresse, réparer les brèches dans les fortifications et resolidifier les portes de Mokafe.
Afin de prévenir autant de dommages si survient une attaque ultérieure, je noterai ici les faits saillants des invasions; j'espère ne pas revoir de mon vivant une journée aussi sombre et une nuit aussi longue...
Nous avons rassemblé dans le quartier est de la cité tous les hommes valides, les combattants des Gardiens du Midgard, du Bock de Fer, les chevalier de l'Ordre du Lys d'Argent, nos alliés de Montfort et leurs preux de Saint-Augustin, les moustachus de la 16eme d'Arganne, l'Ordre de Notre-Dame de la Rédemption ainsi que plusieurs autres sans qui notre destin aurait probablement été tout autre... De plus, les troupes de la Némésis, plus imposantes que jamais, vinrent supporter fièrement et avec toute la férocité qu'on leur connait la défense de la cité de Mokafe, notre contrée d'adoption. La journée a débutée par quelques escarmouches à l'orée de la ville, du pont de Kafel et dans les bois occupés par les barbares...
Malgré les assauts répétés et sournois des barbares, nous avons réussi a tenir une bonne partie de la journée les points stratégiques interdisant l'accès au bourg; avant l'heure de la soupe, nous n'avions jamais cédé le pont de Kafel, et notre avant-garde au village de Mélagris réussissait tant bien que mal à soutenir le flux incessant de barbares qui ne cessait de se diriger vers le pont le moins bien gardé.
Le vent a tourné toutefois lorsque nous avons appris par nos éclaireurs que les barbares avaient réussi à activer le totem aux esprits dans la plaine de la forêt, nous disposions d'une heure pour aller interrompre le rituel afin de conserver nos chances de victoire... Notre Duc de guerre, Gabriel Lunelame a de suite élaboré une stratégie qui nous permettrait, nous l'espérions, de trespasser la vigilance des barbares et de profaner leur rituel malsain. Nous nous sommes donc mis en route vers le campement des barbares ou nous avons peint en blanc le totem du courage, ce qui était supposé nous accorder un répit des Yourouh-Bah et des Ka-Doum pour une heure, nous avons ensuite marché vers le reste de nos troupes pour attaquer le lieu de la cérémonie. Nous avons cependant subi l'embuche des Gaurydrims avant de pouvoir rejoindre le gros des troupes, qui se sont fait prendre a revers par la même occasion...
Suite a cette attaque surprenante, nous avons coordonné nos forces dans l'espoir de porter un coup fatal et décisif à la garde du totem, nous nous sommes déchainé contre cette marée de barbares qui furent rejoint par les Yourouh-Bah et les Ka-Doum, à qui la cérémonie des Gaurydrims sembla redonner suffisamment de courage pour nous combattre et relever leurs morts. Mais malgré le surnombre plus qu'imposant, nous avons pilonné leurs rangs jusqu'à ce que le ciel se déchaîne et que la foudre ne tombe sur le totem dans un éclair qui fit éclater nos bouclier; nous avions été trop lent, les barbares avaient réussi à faire tomber sur nous la fureur de leurs esprits.
C'est la mort dans l'âme qu'ils nous chassèrent jusqu'à la ville où nous dûment recomposer nos esprit, élaborer un plan de secours nous permettant de conserver ce qui nous importait le plus et laisser tomber le reste. Pour ce faire, nous avons réparti nos forces entre le pont de Kafel, le Fort de Tareris, la Vigie de Tareris ainsi que le pont du village de Mélagris. Cette stratégie de fortune porta fruit, car nous réussîmes à conserver le pont enjambant la rivière Kafel et nous préservâmes les villageois de Mélagris sans trop de peines...
De peines toutefois nous eûmes à tenir la Vigie de Tareris; c'est à la brunante qu'ils portèrent la première attaque sur cet avant-poste. Nous n'avons eu que le temps de nous rendre derrière les barricades et de saisir nos lances que déjà les plus rapides d'entre eux commencaient a nous darder. La nuit tomba rapidement et il n'y eu plus que le son de la cloche demandant des renforts et les cris des barbares que nous empalions sur nos lances où sur les pieux nous entourant pour nous rappeler que nous étions encore en vie. Parfois l'un des notres tombait, mais il était aussitôt relevé par l'efficacité de notre guérisseuse (j'étais moi-même trop occupé à repousser des barbares pour le faire)... C'est avec un soulagement difficilement descriptible que nous accueillîmes les renforts qui nous furent envoyé (et qui sont arrivés juste à temps).
Le second épisode de cette bataille fut toutefois moins reluisant... Suite à leur première déconfiture, les barbares se regroupèrent à leur campement pour amorcer l'invocation de Ka-Rak, le tristement légendaire monstre mangeur d'hommes; l'écho des tambours et le halo des torches arrivant en procession dans une multitude accablante suffit à nous convaincre de retourner à nos postes dans la vigie... C'est dans un climat d'attente insoutenable que nous regardâmes, impuissant, les barbares se diriger vers la forteresse. C'est avec une pointe de soulagement chassée par le sentiment de peur et d'anxiété précédant la bataille que nous avons vu la horde se faire repousser par l'huile bouillante et se replier vers nous encore plus nombreux que la fois précédente.
Nous avons été écrasé par le surnombre alors que sonnait encore la cloche réclamant une aide qui n'est arrivée que trop tard pour se briser sur la ligne des barbares gonflée a bloc; Les Ka-Doums m'ont pris en otage ainsi que deux autres guérisseuses pour servir de pâture à leur damné monstre... Ils m'avaient entaillé les bras pour m'empêcher de "faire le malin" comme ils disent, mais ils ont jugé mes comparses comme trop inoffensives pour se donner la peine de les entraver, visiblement. Ils nous ont donc emmené dans le Doum-Ka pendant qu'ils allaient préparer la cérémonie d'invocation... Malheureusement pour eux, ils avaient oublier de retirer la dague dans la doublure de ma bourse en me désarmant, j'ai donc pu, après avoir été préalablement guéri, camoufler mon poignard dans ma manche et, lorsque les gardes nous sortirent de l'enclos, j'ai profité d'un moment d'inattention pour égorger mon tortionnaire et prendre la fuite... Mes consoeurs ont tenté de me suivre, mais ils n'ont pas réussi à trouver l'ouverture dans la barricade entourant le camp barbare dans la nuit noire.
J'ai réussi à me faufiler entre les patrouilles barbares jusqu'au fort où j'ai pu prévenir le Duc de l'attaque imminente des barbares et de leur créature maléfique, nous accordant ainsi l'opportunité de rapatrier nos troupes au fort et permettant le positionnement des machines de guerres avant l'attaque qui ne se fit guère attendre; Les barbares revinrent récolter ce qu'ils croyaient leur dû... Leur monstre avec eux, les barbares s'attaquêrent aux portes, qui s'ouvrirent sans grande résistance. Les barbares virent avec ébahissement leur monstre se précipiter a l'intérieur de la forteresse dont les lourdes portes se refermêrent presque aussitôt. Ils ne purent qu'entendre, impuissant, alors que le célèbre Ka-Rak devenait une fourrure qui ornerait les porte de la citée de Mokafe, en proie au feu nourrit de nos machines de guerres.
La suite, bien que mouvementée, ne présenta aucun événement notable, puisque la reconduction des barbares hors des territoires de Mokafe n'était plus qu'une formalité à partir du moment où ils échouèrent d'en franchir les portes...
Au moment où j'écris ces lignes, donc, nous avons vaincu les barbares; ce ne fut pas une victoire facile, ce ne fut pas une victoire écrasante. Toutefois, nous sommes en vie et capable plus que jamais de défendre cette cité maintenant libre de l'oppression des barbares. Nous disposons maintenant de la forteresse et du fief de Ristarenne, de l'aide des paysans de Mélagris avec laquelle nous pourrons construire des murs plus solide que nous défendrons toujours plus furieusement.
Que tous se souviennent; Unis pour vivres, unis pour mourrir!
Töradan Calenhamp Haldorsson
Le Chevalier au Manteau Vert,
Maître d'armes et Guérisseur,
Trésorier de Némésis
Contes & Légendes